Autonome & Solidaire

Libre d'être Soi

Conflit

 

Qu’est-ce que le conflit ?

Marius est en conflit avec son ami Antoine. Ce dernier a sollicité l’aide de Marius pour déménager et il a refusé. Marius était fatigué de sa semaine et avait besoin de se reposer. Antoine lui a dit qu’il ne pouvait pas compter sur lui, qu’il n’était pas vraiment un ami. Marius est en colère contre la réaction d’Antoine, qui selon lui n’est pas juste. Ce conflit est vraiment inconfortable pour lui et il souhaiterait en sortir.

 

Ici, le conflit est défini comme tension intérieur face à une situation, avec une volonté de la changer.

 

 

D’où vient le conflit ?

Lorsque Marius était enfant, ses parents le jugeaient d’égoïste quand il pensait à lui. Le rejet perçu par l’enfant face à cette situation est très douloureux. Si l’enfant n’a pas de nourriture affective, il peut mourir (Voir l’expérience de Frédéric II). Son inconscient a enregistré que penser à soi était interdit, car dangereux. Ses parents avaient du mal à gérer leurs émotions et ils faisaient porter la responsabilité de leur état d’être sur le comportement de Marius. Il était jugé d’égoïste, car il ne portait pas les émotions de ses parents. Son inconscient a enregistré qu’il avait la capacité de générer des émotions chez les autres. Qu’il avait un pouvoir sur l’état d’être de l’autre !

 

Comme nous pouvons le voir avec l’histoire de Marius, l’inconscient a enregistré 2 croyances :

  • Je dois penser aux autres. C’est interdit de penser à soi.
  • J’ai le pouvoir et la responsabilité des états d’être des autres.

 

Avant l’âge de 7 ans, le cerveau de l’enfant est immature et n’a pas les moyens de mettre en place des stratégies complexes. Par conséquent, il met en place des stratégies simples :

  • Je prends soin de moi uniquement
  • Ou, je prends soin de l’autre uniquement

 

Il est impossible à cet âge de mettre en place une stratégie permettant de prendre soin de soi ET de l’autre en même temps. D’où l’interdit de penser à soi pour avoir l’amour de ses parents et survivre.

 

 

La culpabilité vient du juge intérieur

L’inconscient a créé un enfant protecteur, qui a pour fonction de s’assurer de respecter ces croyances et avoir la nourriture affective nécessaire à sa survie. C’est comme un juge à l’intérieur qui vérifie tous les faits et gestes pour s’assurer qu’il soit conforme “aux règles”. Quitte à faire taire ce qui s’exprime en Marius, à mettre le couvercle sur ses émotions, afin d’assurer la survie.

 

À la lumière de ses explications, Marius comprend que s’il culpabilise, c’est qu’il a un juge intérieur qui lui dit avec force “Tu dois aider !”. Ce juge ne tient pas compte de sa fatigue, car il ne peut pas pleinement la percevoir. Il a tellement peur, qu’il est focalisé sur son seul objectif qui est d’éviter d’être égoïste. Ceci afin d’avoir la nourriture affective nécessaire à sa survie.

 

 

La colère vient de l’enfant spontané

En même temps, il y a en Marius un être qui est l’enfant spontané et qui souhaite être libre d’être qu’il est. Ce dernier est en désaccord avec le juge et exprime son point de vue. L’énergie pour s’exprimer est proportionnelle à la force du juge qui met le couvercle. Plus l’enfant est réprimé par le juge, plus forte sera sa réaction. Cette tension entre le juge intérieur et l’enfant spontané engendre un conflit intérieur.

 

Marius prend conscience que la colère qu’il a envers Antoine est en fait une colère envers le juge intérieur. C’est-à-dire une colère d’un enfant blessé en lui, envers le jugement de ses parents. Il comprend que le conflit extérieur est le reflet d’un conflit intérieur.

 

 

D’où vient l’inconfort du conflit ?

Comme nous l’avons vu avec l’histoire de Marius, c’est l’enfant qui a été réprimé qui est en colère. C’est l’interdit d’être lui-même, c’est le non-accueil de ses parents qui le fait souffrir.

Enfant, Marius avait l’amour de ses parents s’il correspondait à la référence. L’inconscient a enregistré que pour avoir l’amour des autres, il fallait correspondre à la référence commune. Ceci engendre une croyance sur la façon d’être en lien avec un être humain :

  • Je survis si je suis en accord avec l’autre. Si nous avons une référence commune.

 

Cette croyance fait que tout désaccord est synonyme de rupture de lien. L’enfant à l’intérieur qui cherche à avoir la référence commune pour avoir l’amour et survivre est en panique !!! C’est comme si l’enfant se retrouvait seul sans ses parents.

Sa stratégie pour être en lien et en sécurité ne fonctionne pas. L’enfant à l’intérieur est en insécurité et cherche par tous les moyens à retrouver la sécurité.

 

Marius réalise que le conflit avec Antoine vient du fait qu’il n’est plus en lien avec lui. Il prend conscience que ça lui fait de la peine. Il comprend aussi que sa colère vise à revenir dans la situation précédente, pour éviter de souffrir de cette rupture de lien. La justification et l’argumentation, la colère sont des tentatives de contrôler l’extérieur pour rétablir le lien.

 

 

Comment se libérer du conflit ?

Prendre soin de soi et de l’autre

Comme nous l’avons vu avec l’histoire de Marius, l’immaturité du cerveau n’a pas permis de mettre une stratégie complexe. Ce qui engendre la problématique suivante :

  • Soit je prends soin de moi
  • Soit je prends soin de l’autre

 

Une fois adulte, nous avons notre néocortex qui permet de mettre en place des stratégies complexes, comme :

  • Je prends soin de moi et en même temps je prends soin de l’autre

 

 

Prendre soin de moi, pour savoir prendre soin

Pour établir cette stratégie, je dois comprendre que si je ne prends pas soin de moi, je ne sais pas réellement ce que c’est “prendre soin”. Car je ne l’ai pas expérimenté. Je vais avoir des difficultés à prendre soin de l’autre.

Ma manière de prendre soin sera d’éviter de ressentir une émotion désagréable en moi, en résonance, quand l’autre vit une émotion désagréable. Je serai en train de vouloir changer l’extérieur pour moi en me faisant croire que je prends soin de l’autre.

Prendre soin de soi est une manière d’expérimenter le fait d’écouter ce qui est vivant en soi, être à l’écoute de ses sensations. Et ainsi prendre soin de ses ressentis et de ceux des autres.

 

Marius comprend qu’il a une peine en lui, qu’il a un enfant qui a besoin d’être sécurisé. Et en même temps, il comprend qu’Antoine a un besoin de soutien. Et que sa demande d’aide pour le déménagement était une stratégie pour répondre à son besoin de soutien. Marius prend conscience qu’il n’avait pas les moyens de répondre à son besoin de soutien au moment de sa demande. Car il était fatigué. Marius voit qu’il peut expliquer à Antoine qu’il comprend qu’il a besoin d’être soutenu dans son déménagement et qu’il souhaiterait l’aider. Et en même temps, il n’a pas les moyens de l’aider, car il est fatigué.

Marius voit qu’il y a 2 réactions possibles :

  • Soit Antoine comprend et n’est pas en conflit vis-à-vis de lui.
  • Soit Antoine n’a pas conscience que Marius est une stratégie pour répondre à son besoin. Et il vit une émotion de conflit.

Et dans le 2ème cas où Antoine est en conflit, Marius comprend qu’il n’a pas les moyens d’éviter l’émotion de conflit que vit Antoine. Il comprend que lui ne sera pas en conflit à l’intérieur quand Antoine sera en conflit à l’extérieur. Il assume son impuissance face à la peine d’Antoine qui a un besoin non nourri.

 

Ainsi Marius prend soin de ses besoins et des besoins d’Antoine. En prenant en compte ses besoins, ce qui est vivant en lui, Marius peut comprendre qu’Antoine à des besoins, des émotions qui lui sont propres. Tout en comprenant que si Antoine est en conflit, il n’a pas toujours les moyens de répondre à ses besoins. Et, par conséquent, Antoine peut être en conflit vis-à-vis de lui, sans qu’il en prenne la responsabilité.

Prendre soin de soi, c’est accueillir ses limites et accueillir les limites de l’autre. C’est prendre soin de son humanité et de l’Humanité.

 

 

Prendre soin de l’enfant blessé

Comme nous l’avons vu avec l’histoire de Marius enfant, il n’a pas été pleinement accueilli tel qu’il était. Il en a découlé un conflit entre un juge intérieur et l’enfant spontané qu’il est profondément.

Le conflit est l’expression d’un enfant qui a un besoin criant d’être accueilli. Pour pacifier cet enfant et se libérer du conflit, différentes étapes sont nécessaires :

 

Identifier le juge et l’enfant blessé

Pour ça, je dois voir que les justifications, argumentation, colère vis-à-vis d’une personne à l’extérieur sont l’expression de l’enfant spontané envers le juge intérieur.

Marius comprend que la colère qu’il avait envers Antoine était l’expression de l’enfant envers le juge intérieur.

 

 

Identifier ce que le juge interdit

Si l’enfant lutte, c’est que le juge interdit une émotion, un comportement … Il met le couvercle sur une expression de l’enfant spontané.

 

Marius comprend que le juge donne raison à Antoine qui dit “tu aurais du m’aider”. Le juge donne raison, car il a comme règle “Il faut aider !“.

 

Le juge impose d’aider l’autre, quelle que soit la situation. Le juge interdit de penser à soi.

 

Accueillir ce qui est nié chez l’enfant

L’enfant à l’intérieur qui est en colère a besoin qu’on prenne soin de lui. Qu’on le reconnaisse, qu’on l’accueille tel qu’il est. Il a besoin d’être en lien avec une figure d’autorité bienveillante.

 

Marius réalise la violence que le juge intérieur fait subir à cet enfant. Il comprend que la colère et la tension qu’il ressent dans le corps sont l’expression de cet enfant réprimé. Il voit que son envie de se “débarrasser” de cette sensation est une tentative de se “débarrasser” de cet enfant réprimé. Il perçoit la violence de son comportement envers cet enfant. Il prend le temps d’accueillir la sensation, sans vouloir la “dégager”, sans vouloir “dégager” l’enfant réprimé. Au fur et à mesure qu’il reste en présence avec l’enfant, il sent la sensation se dissiper. Il ressent l’enfant qui se détend et s’apaise. Et le conflit disparaître.

 

L’enfant s’apaise, car il sent qu’il a une figure d’autorité bienveillante à l’intérieur. Il trouve la sécurité à l’intérieur, car il sent qu’il a un parent à l’intérieur.

 

Si je prends conscience des enfants en moi qui sont réprimés par un juge et qui engendre une colère. Je peux prendre conscience des enfants en l’autre qui ont été niés et qui sont en colère. Je peux prendre soin de moi et de l’autre.

Si je peux accueillir en moi les enfants qui ont été réprimés, je peux accueillir les enfants qui ont été réprimés chez l’autre.

 

 

Les conflits dans le monde sont le miroir de nos conflits intérieurs non résolus. – Eckhart Tolle

 

Sébastien Thomelin – Accompagnant de l’être

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