Autonome & Solidaire

Libre d'être Soi

Intrusion

Qu’est-ce que l’intrusion ?

Justine ne supporte pas le comportement intrusif de sa voisine Véronique. Cette dernière n’arrête pas de passer chez elle pour discuter, apporter quelque chose ou lui donner une information quelconque … Véronique est au courant de tous les faits et gestes de Justine. Elle sait quand Justine est partie et rentrée, qui est venu chez elle, à quelle heure …

Justine est très énervée par rapport à cette situation et souhaiterait que ça cesse.

 

Ici, l’intrusion est le fait qu’une personne entre dans notre sphère définie comme privée.

 

D’où vient le comportement intrusif de Véronique ?

 

Les parents de Véronique n’aimaient pas le conflit. Ils voulaient prendre soin de leur enfant et éviter qu’elle ait de la peine. Ils évitaient d’exprimer leurs limites à Véronique quand elle était enfant. Ils cédaient à la moindre émotion de frustration de Véronique. Même si ils se niaient au passage. Ils n’ont pas pu poser le cadre entre des identités distinctes. Comprendre et accueillir l’émotion de l’enfant et, en même temps, expliquer et poser leurs limites en tant qu’identité distincte.

Véronique n’a donc pas vraiment intégré la notion de limite identitaire. Elle n’a pas pleinement compris moi et l’autre. Quand elle n’a pas ce qu’elle veut, elle a une émotion de frustration. Et vu qu’elle n’a jamais appris à accueillir cette émotion, elle fait tout pour éviter de la ressentir. En agissant sur l’extérieur, en insistant auprès des autres. Elle ne peut pas être en contact avec la frustration qu’est la limite de son identité face à la réalité, car on ne lui a pas permis de l’intégrer. Elle est encore dans la toute-puissance de l’enfant.

Ne pouvant être en contact avec ses émotions de frustration, elle n’a pas d’autre choix que d’être à l’extérieur.

L’inconvénient d’être constamment à l’extérieur, c’est qu’il y a une déconnexion de Soi. Véronique ne peut pas se nourrir de sa propre vie, car elle ne peut s’y connecter. Elle se nourrit donc de la vie des autres.

 

Le comportement d’intrusion est un système de défense inconscient, visant deux choses :

  • Éviter les émotions douloureuses de l’enfance avec comme intention de vivre le bien-être
  • Se nourrir des émotions des autres afin d’assurer la nourriture affective nécessaire à sa survie

 

Véronique souffre du rejet des autres face à ce comportement. Mais il y a un tel danger du point de vue de l’inconscient, si elle n’a pas sa nourriture affective, qu’elle n’arrive pas à faire autrement. La seule solution que l’inconscient a trouvée, par rapport à sa structure, est le déni.

 

 

D’où vient l’énervement de Justine ?

 

Pour les parents de Justine, il était important d’être “gentil”. D’éviter de faire de la peine aux autres. Les colères de Justine étaient interdites. Elle n’était pas “sage”, selon la vision de ses parents.

Justine a appris à prendre la responsabilité des émotions des autres. Et, par conséquent, d’éviter de s’affirmer pleinement afin d’éviter que l’autre ait une émotion jugée désagréable.

L’accès à l’énergie de la colère a été interdit. Ce qui a comme conséquence de ne pas pouvoir définir sa limite identitaire. Justine est donc ce que les autres veulent, pour qu’ils ne vivent que des émotions qu’ils apprécient. Elle se doit d’être “gentille”, “la bonne personne”, selon l’éducation qu’elle a reçue de la part de ses parents.

Le Moi de Justine est atrophié. Et elle n’arrive pas à poser ses limites, car une part inconsciente veille à ce qu’elle ait toujours l’amour des autres en évitant que les autres aient des émotions désagréables.

Justine ne se rend pas compte qu’elle est “gentille”, pour répondre au besoin de se nourrir des autres, du besoin d’être aimé. Il s’agit de vampirisme énergétique, déguisé en bienveillance.

Justine se retrouve face à la même problématique que Véronique, avec une stratégie différente seulement.

En même temps, un autre schéma inconscient veut être libre et entre en conflit avec le schéma inconscient qui veut être “gentil”. Ce qui engendre un conflit intérieur entre “libre d’être soi” et “être aimé” ce qui génère un énervement. Ce conflit est projeté sur l’extérieur. En l’occurrence, Véronique.

 

Nous voyons que la sensation d’intrusion vient du fait, qu’un schéma inconscient laisse entrer pour correspondre au “bon comportement”, “être gentil” et être aimé. Et l’énervement vient d’un conflit avec un autre schéma inconscient qui veut être libre et ne veut pas laisser entrer.

Justine est en réalité face à ses choix (inconscient). Et la tension qu’elle vit, vient du fait qu’elle n’arrive pas à s’affirmer. Ceci à cause de l’éducation qu’elle a reçue et la construction inconsciente qui en a découlé.

La colère est une énergie d’affirmation. Si l’affirmation est réprimée, il y a comme un couvercle sur l’énergie de la colère. Ce qui engendre un effet cocotte-minute, la pression monte, la colère commence à fuir et elle est dirigée vers l’extérieur en destruction.

 

A la lumière de ces informations, Justine réalise qu’elle n’ose pas dire non par peur de se faire rejeter. Qu’elle laisse sa voisine faire, sans oser s’affirmer. Elle prend conscience qu’il n’y a pas d’intrusion, car elle est responsable de ce qui lui arrive. Et voit que l’amélioration de la situation n’est pas dans les mains de la voisine, mais dans les siennes. Elle comprend qu’elle a le pouvoir de changer sa vie, même si pour le moment ce n’est pas facile.

 

Je ne peux pas fuir cette énergie de la colère en moi, je ne peux que l’exprimer en affirmation ou en destruction.

 

 

Comment se libérer de la sensation d’intrusion ?

L’intrusion vient du fait que mes limites ne sont pas affirmées. Si la porte est fermée, personne ne peut entrer. L’objet est donc de poser clairement ses limites, d’affirmer ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas, sans vouloir forcer les autres. Il s’agit d’affirmer clairement son identité. Cesser d’être “gentil”, d’être “la bonne personne”, … pour être soi !

Accepter d’être rejeté pour ce que je suis, plutôt qu’aimé pour ce que je ne suis pas. Et accéder à l’énergie de la colère en soi pour s’affirmer et ainsi, arrêter d’être en colère contre les autres.

 

Cessez d’être “gentil”

Brosser les gens dans le bon sens du poil est une manière de vampiriser l’énergie de l’autre. (Même si je n’ai pas réellement de pouvoir sur l’autre. Car je peux prendre l’énergie de quelqu’un que s’il laisse un accès.) Si je suis “gentil”, je ne peux pas être moi-même, je suis les autres.

Je ne peux pas être “gentil” pour les autres, car je ne fais que servir mon intérêt, quelles que soient les situations. Je dois me mentir pour me faire croire que je suis un gentil pour les autres.

Si je pense que je suis “gentil”, je pose en contraste “les méchants”. Et je me mets au-dessus des méchants, ce qui est de l’orgueil. Je pose les germes du conflit gentil/méchant et je me situe du bon côté du manche. Ceci, en niant avoir créé moi-même le conflit.

 

Justine prend conscience qu’elle jugeait sa voisine pour son comportement intrusif et qu’elle jugeait son propre comportement comme juste. Elle voit qu’elle était dans la dualité Gentil/Méchant et qu’elle posait le germe du conflit. Elle réalise qu’elle voulait être la “bonne personne” en étant gentille. Elle réalise que c’était de l’orgueil déguisé en “je suis la gentille de l’histoire, ma voisine est la méchante”. Ce qui justifiait, son agressivité envers sa voisine.

 

Avoir une couleur

A la place d’être gentil, je fais des choix conscients par rapport à ce que je veux, ce que j’aime ou non. Je suis comme le chocolat, certains m’aimeront d’autres non. Je ne pourrais pas passer à côté. Je ne pourrai jamais être meilleur que le chocolat. C’est à dire aimé par tout le monde. J’exprime mon unicité en “JE”, plutôt que la colère en “TU”.

 

Justine réalise qu’elle a fait le choix de laisser faire sa voisine, pour ne pas être “méchante”. Elle voulait maintenir son image de la “bonne personne”, pour être aimée et vivre le bien-être. Or cette stratégie inconsciente n’a pas l’effet escompté, car elle vit une tension avec sa voisine. Elle prend conscience de l’incohérence entre l’intention de la stratégie et l’état d’être vécu. Et prend comme décision de servir son bien-être en affirmant son point de vue et en posant ses limites.

 

Sortir de la tribu

Anciennement, nous vivions en tribu, car c’était vital pour survivre dans la nature. Si nous ne respections pas les règles de la tribu, nous pouvions la mettre en danger. Ceux qui ne respectaient pas les règles étaient exclus de la tribu. Et comme il était très difficile de survivre seul, c’était comme un arrêt de mort.

Il est courant de rencontrer ce schéma archaïque dans l’inconscient. La peur de quitter la tribu (codes familiaux, sociétaux, …) est perçu par l’inconscient comme un danger de mort. Or l’époque n’est plus la même, nos besoins primaires (boire, manger, dormir, se loger …) sont plus facilement comblés. Il n’y a plus le même danger. De plus, je peux choisir ma tribu en fonction de mes goûts. Je peux donc sortir de la tribu sans dangers et exprimer qui je suis.

 

Justine réalise qu’elle avait peur d’être jugée, si elle était ferme avec sa voisine, si elle n’était pas gentille. Elle réalise qu’il y a des personnes qui affirment leur point de vue et qui ont des amis, des relations … Elle prend conscience qu’elle était attachée à une “tribu”. Et décide de se focaliser sur ce qui la fait vibrer, et rencontrer les personnes qui correspondent à ce qu’elle est. Même si cela peut être inconfortable au début, vis-à-vis de sa “tribu” actuelle.

 

 

L’intrusion est une illusion. Je dois choisir entre être aimé par tout le monde, ou vivre la liberté d’être soi-même.

 

Sébastien Thomelin – Accompagnant de l’être

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