agressivité

Qu’est-ce que l’agressivité ?

Émilien est comptable dans le service comptabilité au sein d’une grande société. Son responsable lui demande de respecter une procédure, lors de la réalisation des bulletins de paie. Or la manière de faire les bulletins de paie ne respecte pas la loi et les employés sont lésés. Émilien est en total désaccord avec cette façon de faire et il est très énervé contre son responsable. Il ressent une réelle agressivité envers lui.
Il sent qu’il a envie de lui dire ses « 4 vérités », de crier … Or, il refoule cette agressivité, car d’un côté ce n’est pas accepté socialement. Et d’un autre côté, il sent bien le côté destructeur de son comportement. Il a envie de « détruire » son responsable qui cautionne ce type de comportement. Les relations entre Émilien et son responsable sont tendues. Émilien souffre de cette situation et souhaite quitter cette entreprise.
Nous voyons ici que l’agressivité est une réaction émotionnelle qui vise à détruire la cause de la tension.
Mon responsable est mal honnête => Je détruis la cause de la malhonnêteté (mon responsable) => Je me sens apaisé
 L’intention de l’agressivité est le bien-être.

D’où vient cette réaction agressive ?

 

Dans son histoire, Émilien avait l’habitude de jouer avec son cousin Maxime qui avait le même âge que lui. Lorsqu’ils avaient 2 ans, ils jouaient ensemble. Maxime s’amusait avec un jouet. Émilien le regardait et ressentait une émotion de frustration, car il n’avait pas le jouet. À cet âge, le cerveau de l’enfant est immature et il n’a pas les moyens de prendre du recul par rapport à son émotion. Il est dans la machine à laver des émotions et souhaite s’en libérer. Émilien a frappé Maxime et lui a pris le jouet. Son émotion de frustration était ainsi apaisée.
L’enfant avant 7 ans n’a pas la capacité de raisonnement développé, du fait de l’immaturité de son cerveau. L’agressivité est donc la seule stratégie disponible pour réguler l’émotion. L’objet n’est pas de faire « mal » à l’autre, mais de s’apaiser.
Les parents n’avaient pas conscience qu’Émilien était prisonnier de son émotion et qu’il n’avait pas les moyens de faire autrement. Ils projetaient leur capacité d’adulte à prendre du recul par rapport aux émotions et ils ont jugé Émilien de « méchant » et son comportement de « mauvais ».
Émilien n’a pas été accompagné dans la traversée de cette émotion. Et il n’a pas eu d’explication concernant l’impact désagréable que cela a produit sur Maxime. L’émotion de frustration a été réprimée. Émilien n’a pas compris la limite entre lui et Maxime.
Du point de vue d’Émilien, il a senti que les parents étaient opposés et exprimaient leur point de vue avec force. En faisant porter à Émilien la responsabilité de leurs émotions de désaccord.
L’inconscient d’Émilien enregistre que forcer l’autre pour avoir ce que l’on souhaite est la solution pour se soulager des émotions désagréables. Et ainsi vivre le bien-être. Autrement dit, je détruis l’autre (sa façon de pensée, son être …) pour être bien.
Avant 7 ans, nous avons le cerveau limbique développé. L’équivalent du cerveau du chat ou du chien. C’est notre part animale avec ses côtés primaires et destructeurs. Les schémas inconscients réactionnels ayant pour grande majorité été créés avant 7 ans, il comporte le plus souvent une logique de destruction. Le jugement (intérieur ou extérieur) est une volonté de destruction du comportement jugé mauvais.
Note : L’émotion de frustration de l’enfant vécue et accompagnée par l’adulte permet à l’enfant de comprendre l’impact que le comportement agressif engendre chez l’autre. Et ainsi, il intègre la limite entre lui et l’autre. Lorsqu’il rencontrera plus tard une personne qui n’est pas d’accord avec lui, ça sera parfaitement clair pour lui que l’autre est différent. Les relations seront fluides.
À la lumière de son histoire, Émilien prend conscience qu’il souhaite « détruire » son responsable, pour éviter une émotion désagréable (due au désaccord sur les valeurs). Il voit qu’il est en conflit avec son responsable pour être en paix.
Il se rend compte de l’incohérence entre son comportement et son intention.

Comment se libérer de l’agressivité ?

Prendre conscience de son côté destructeur

Afin de se libérer, il est important de prendre conscience de son côté destructeur de ses schémas inconscients et de les assumer (Nous n’avions pas les moyens de faire autrement). Pour plusieurs raisons :
  • Nous ne pouvons pas faire évoluer ce que nous ne voyons pas.
  • Les jugements destructeurs que nous portons sur les autres sont des jugements intérieurs que nous portons inconsciemment sur notre être. Ces jugements sont autodestructeurs, même si en apparence, nous ne jugeons que l’extérieur. Par conséquent, ça permet de voir ce qui vise à détruire notre être et s’en libérer.

Identifier l’écart entre l’état d’être vécu et l’état d’être souhaité

L’inconscient a pour habitude de nous faire vivre un état d’être désagréable, en nous faisant croire que nous allons vivre le bien-être.
Émilien souhaitait vivre le bien-être en étant en conflit avec son responsable.
L’état d’être vécu est le conflit et l’état d’être souhaité est le bien-être.

Se focaliser sur l’état d’être souhaité

Pour ressentir l’état d’être souhaité, il suffit d’imaginer le résultat souhaité du comportement destructeur.
Émilien imagine qu’il y a une fuite dans la presse et que les employés retrouvent ce qu’il leur est du. Et il ressent la sensation de bien-être que cela lui procure.
Il se focalise sur cet état d’être en prenant conscience que quelque soit le comportement de son responsable, cet état d’être est toujours présent en lui.
La responsabilité de se focaliser sur cet état d’être ou sur l’état d’être « conflit », lui appartient.

Développer une habitude

Tout comme les joueurs de football, il convient de s’entraîner en dehors matchs. Il convient de s’entraîner en dehors des situations qui nous font réagir. L’objectif étant d’être suffisamment à l’aise, pour pouvoir facilement se connecter à l’état d’être souhaité, quelle que soit la situation. C’est comme apprendre à conduire. Au début, ça demande un effort, et au fur et à mesure de la répétition, ça devient automatique.
Pour développer l’habitude, il suffit de prendre 1 à 2 minutes pour se focaliser sur l’état d’être souhaité, 5 à 10 fois par jour.
Émilien choisit des moments habituels de sa journée pour ancrer cette habitude. (Lors des repas, lors du brossage de dent …)
Puis, une fois cette habitude acquise, il faut s’habituer à se connecter à cet état d’être, lors de situation conflictuelle pour soi.

Être clair sur le « pourquoi je le fais »

L’objet est de garder la motivation durant l’entrainement. Si ce n’est pas clair pour moi, pourquoi je le fais, je peux avoir tendance à lâcher mon entrainement. Pour ça, il faut imaginer que j’ai l’habitude en place. Imaginer comment ça change ma vie, mon état d’être et bien le ressentir.
Émilien imagine qu’il vit la vie avec clarté, sans tension. Qu’il prend des décisions sereinement en fonction des situations.
Nommer cette sensation, en faire un dessin ou un schéma … L’objet étant d’avoir un point de repère que je pourrais voir plusieurs fois par jour. Par exemple, je peux avoir des rappels sur mon téléphone avec le mot ou l’image que j’ai associés à la sensation de l’habitude intégrée.
Émilien imprime une image d’une photo d’un homme souriant à l’air apaisé qui l’inspire et l’affiche dans la salle de bain. Afin de la voir le matin et le soir.
Notre c
aractère est fait d’habitudes : qui sème une pensée, récolte une action; qui sème une action récolte une habitude; qui sème une habitude, récolte un caractère; qui sème un caractère, récolte un destin.

Sébastien Thomelin – Accompagnant de l’être
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